12.02.2007

Volontariat

La CDHK entretien quelques contacts et coopère avec Volens, une ONG Belge. Les missions de cette association, outre l'envoi de coopérant dans le sud, consiste à sensibiliser les populations du nord aux problématiques du sud. Chaque année, Volens permet a des volontaires de rejoindre pour quelques semaines les partenaires dans les différents projets soutenus. Cette année 2006, la CDHK a donc accueilli un volontaire.
 
Jean-François Cannoot est un jeune metteur en scène et réalisateur belge qui a travaillé en Belgique, au sein de sa compagnie théâtrale: la cie des Sept Mers. Il a également dirigé pendant six ans des ateliers et créations avec des adultes handicapés mentaux.
Soucieux de renouveller son regard sur le monde et de découvrir l'Afrique, il a donc suivi durant cinq semaines le travail de la CDHK et particulièrement la sensibilisation à la Drépanocytose.
Une expérience de volontariat à reproduire, assurément...!
 
Ses impressions de voyage sont confinées dans un blog http://otracosa.skynetblogs.be 
 
 
Rentré en Belgique, les contacts se poursuivent; voici son témoignage d'"après immersion":
 
"Voyager en Afrique en général et en République Démocratique du Congo particulièrement est une expérience forte…
Quittant la Belgique, la chance m’a donc été donnée, en ce mois de novembre, de croiser la route de la Coordination Diocésaine des Handicapés de Kikwit et son coordinateur ultra dynamique ainsi qu’un nombre impressionnant de personnes à Kikwit et alentours, en l’espace de quelques 36 jours. Mon champ d’investigation a surtout consisté en situations vécues et témoignages recueillis -et parfois apportés- au sujet du handicap. J’ai également pu être témoin direct des  grands changements structurels et politiques qui s’amorcent et qui seront, on ne peut que l’espérer, suivis d’effets et d’efforts concrets des élus congolais.
Je ne ferai pas preuve d’originalité en avançant un constat (même relatif vu la trop courte durée du séjour) un peu brut : En RDC, malgré le potentiel de richesses de ce beau et énorme pays, le handicap est partout ; santé, vie sociale, éducation, politique….
Au cours de cette immersion[1] , j’ai particulièrement côtoyé le handicap physique -et là aussi les causes sont nombreuses alors qu’il suffit parfois de peu pour éviter diverses mutilations !- et participé modestement à diverses missions de sensibilisation opérées par la CDHK avec l’aide de bailleurs européens[2]. Il y a aussi la lutte, le dépistage et l’accompagnement. J’ai pu ainsi être témoin et participer au quotidien d’associations telles que l’Ahpic, Bo-ta-tuba, Bo-ta-mona, et l’AHD, autant d’énergies et d’associations consacrées, avec succès et savoir-faire, à l’accompagnement du handicap et surtout la valorisation des hommes et femmes qui en sont porteurs, pour eux-même et aux yeux de la société congolaise.
Evidemment, n’étant ni richissime, ni médecin, ni spécialiste en aide au développement ou autre, je ne pense pas avoir pu, comme pouvait parfois l’espérer candidement l’un ou l’autre interlocuteur, apporter diverses solutions aux divers problèmes.
J’en viens donc à abandonner ce registre de constat d’impuissance et de lamento pour me concentrer sur le témoignage et la communication (là je dispose de quelques outils et compte me manifester prochainement) et pour cette fois parler en terme d’espoirs et d’échanges. Nous sommes  constitués de pauvretés -certes- mais aussi de richesses. Nous avons tous capacité d’agir, de penser, d’informer, de dialoguer. Et cela n’est pas rien…
Je m’adresse aussi directement aux lecteurs en ces quelques termes :
« Chers amis congolais,
Vous vous plaignez, à  juste titre, de vos incroyables conditions de vie et n’avez pas manqué de souligner l’écart entre votre pauvreté et l’opulence du Nord dont je suis issu. Nous pourrions en rester là, impuissants et penauds l’un et l’autre, face à de telles évidences[3]….
Aussi, dépassons les stéréotypes et logiques de pensées automatiques et gardons à l’esprit que chaque avancée, même dans le dénuement, peut aussi être source de réjouissance et d’enthousiasme. J’ai rencontré des handicapés démunis certes mais volontaires et plein d’énergie et de sourire. Le travail qui est mené à Kikwit force le respect et l’admiration ; ne perdons pas de vue ce que nous avons déjà et qui nous permet d’avancer. Ce qui nous manque peut parfois nous égarer et nous aigrir. Alors ouvrons les yeux, les oreilles, partageons nos (s)avoirs, nos manques et avançons côte à côte, petits pas par petits pas.. De belles routes nous attendent…
Meilleurs vœux  et meilleurs souvenirs à tous et merci de votre accueil et du bout de chemin partagé… »
Jean-François Cannoot. Janvier 2007.


[1] Opérée sous les auspices de Volens, une ONG belge dont une des missions consiste, en partenariat avec d’autres ONG, à sensibiliser la population aux rapports nord-sud. Ce qui explique le caractère « immersif » du séjour-stage.

[2] FAR, Fond Liliane ,Misereor, Memisa, SHC

[3] Encore que je doute parfois que les nantis soient les plus heureux…et  que les plus pauvres soient à tous points de vue moins nantis… mais ceci est un autre débat …
 
 
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Notre volontaire en visite auprès d'une association de mamans seules.
 

 

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